Conseil informel EPSCO : accent sur l’emploi équitable, la réduction de la pauvreté et les soins de longue durée axés sur la personne

26 février 2026

Conseil informel EPSCO : accent sur l’emploi équitable, la réduction de la pauvreté et les soins de longue durée axés sur la personne.

Le vendredi 13 février 2026, le Conseil informel EPSCO (emploi et affaires sociales) a eu lieu à Nicosie. La Belgique y était représentée par M. Tom Bevers, directeur des relations internationales et des études socio-économiques au SPF Emploi, Travail et Concertation sociale.

Lors du Conseil informel EPSCO, les ministres ont discuté de trois grands défis sociétaux : renforcer l’emploi équitable, élaborer une stratégie européenne contre la pauvreté et construire des soins de longue durée à la lumière du vieillissement de la population.

Un emploi équitable pour la justice sociale

Les ministres des 27 États membres ont souligné l’importance d’un dialogue social fort, d’investissements ciblés dans les compétences et la formation tout au long de la vie, ainsi que de normes élevées en matière de santé et de sécurité au travail. Le rôle normatif de l’Organisation internationale du travail (OIT) a été évoqué, entre autres choses afin de s’efforcer d’établir des règles du jeu équitables dans le monde entier dans une économie mondiale de plus en plus interconnectée et en évolution rapide.

En outre, les ministres ont accordé une grande attention à la mise en œuvre et à l’application de la politique européenne de l’emploi. Les services nationaux d’inspection et l’Autorité européenne du travail (ELA) jouent un rôle clé à cet égard, y compris dans la lutte contre le dumping social. Dans le même temps, de nombreux États membres ont mis l’accent sur leurs efforts nationaux en matière de salaire minimum et d’égalité de traitement, qui sont des éléments importants pour un emploi équitable.

Les États membres attendent également avec impatience les prochaines initiatives de la Commission européenne, telles que le « Paquet pour une mobilité équitable des travailleurs » et la « Loi sur les emplois de qualité ». Des thèmes tels que le renforcement du mandat de l’ELA, ESSPASS, les règles de sous-traitance et un cadre plus clair pour le détachement des ressortissants des pays tiers ont également été discutés. Les ministres ont insisté sur la nécessité d’une souplesse suffisante dans la législation. Ils ont également exprimé des préoccupations concernant une éventuelle surrèglementation et des charges administratives supplémentaires, en particulier pour les PME. Dans le même temps, il a été souligné que la simplification ne devrait jamais conduire à une réduction des droits et de la protection sociale. Le socle européen des droits sociaux doit rester le cadre directeur.

Stratégie européenne de lutte contre la pauvreté

Les ministres se sont félicités de la "stratégie de l’UE contre la pauvreté" envisagée et ont souligné que la pauvreté reste un défi complexe et multiforme nécessitant une approche intégrée et axée sur la personne. Tom Bevers a souligné que les progrès actuels en direction des objectifs européens de réduction de la pauvreté pour 2030 sont insuffisants et qu’une nouvelle stratégie est donc nécessaire pour intensifier les efforts. Selon lui, cette stratégie devrait partir d’une vision large de la pauvreté en tant que phénomène multidimensionnel et reconnaître que la réduction de la pauvreté est essentiellement un investissement dans les personnes. Cela signifie se concentrer à la fois sur le renforcement des opportunités et des compétences de chacun et sur la garantie d’une sécurité de base grâce à un soutien au revenu adéquat.

Le futur cadre financier pluriannuel (CFP) devrait prévoir des ressources et une flexibilité suffisantes pour permettre aux États membres de mettre en œuvre efficacement leurs politiques de réduction de la pauvreté. En outre, plusieurs ministres des 27 États membres ont appelé à un meilleur ancrage de la réduction de la pauvreté dans le semestre européen afin que les progrès et les défis restants puissent être mieux suivis. Une attention particulière a été accordée à la pauvreté des enfants, à la pauvreté intergénérationnelle et à la pauvreté chez les travailleurs.

Plusieurs ministres ont insisté sur l’importance d’un renforcement de la garantie européenne pour les enfants et de logements abordables dans le cadre du plan européen pour le logement. Tom Bevers a en outre souligné que la nouvelle stratégie devrait s’appuyer sur les jalons européens récents, tels que les recommandations du Conseil relatives à un revenu minimum adéquat et à l’accès à la protection sociale. Enfin, il a été souligné que la lutte contre le sans-abrisme devrait être au cœur de la future stratégie.

Soins de longue durée axés sur la personne comme moteur du vieillissement actif

L’Europe évolue vers une société vieillissante, apportant de nouveaux défis démographiques. Les ministres ont souligné la nécessité de réagir à cette évolution en temps opportun et de renforcer les systèmes de soins de longue durée, en mettant l’accent sur le caractère abordable, la qualité et l’accessibilité.

Les défis sont considérables : pénurie de personnel dans le secteur des soins de santé, accessibilité limitée aux services, financement insuffisant et demande croissante en matière de soins. Les États membres ont souligné que le vieillissement ne devrait jamais conduire à l’isolement ou à l’exclusion.  

Enfin, l’accent a été mis sur une vision large et intégrée du vieillissement actif et en bonne santé, dans laquelle les souhaits et les besoins des personnes âgées sont centraux. Par exemple, des investissements ciblés et des choix politiques innovants devraient contribuer à un vieillissement digne en Europe.